Que de soucis pour poster ce message ! Samedi, il n'y avait pas connexion, et aujourd'hui coupure de courant. Les gérants du cyber ont alors mis en route un groupe électrogène, mais il n'avait pas assez de puissance pour alimenter tous les ordinateurs...donc patience, patience, le temps de faire le plein de carburant…puis au bout d’une heure : plus de connexion ! j’ai dû me rabattre sur un autre cyber beaucoup plus loin. Je crois que mes messages se feront moins longs et moins réguliers.
Sinon, je n’ai pas eu de soucis pour rejoindre Omer(voir sa présentation, colonne de gauche). Je suis tombée sur de sympathiques taxi-men intrigués par mes graines de Mucuna, et mon livre sur les Plantes médicinales d’Afrique ; et une fois arrivée à Kpalimé, j’ai rencontré à la station un de ces voisins qui m’a prise en charge : il a trouvé un taxi qui m’a emmenée directement devant sa porte avec tous mes bagages. Et maintenant, soulagement, car il est beaucoup plus aisé de travailler l'un en face de l'autre qu'à des km...
Le w-end a été studieux.
Samedi matin: discussion avec Omer sur les prévisions d’achat des graines ou tubercules à Kpalimé. Le soleil, d’habitude voilé ici, où les pluies sont plus nombreuses qu’à Lomé, est aujourd’hui torride. Béni soit le manguier qui nous a apporté son ombrage durant cette mise au point, et qui nous a épargnés de la chute de ses fruits sur nos têtes. Les gens ici se moquent de cette éventualité, mais sachant que c’est la saison, et que j’en ai vu au moins 5 tombées hier…je me méfie. Mais une fois à terre, quel régal ! Je me suis convertie au mangues « indigènes » : elles sont plus petites et fibreuses que celles des manguiers greffés importés en Europe, mais elles sont beaucoup plus parfumées et sucrées. Ici, on les mange comme des pommes : on croque dedans à pleines dents ! la peau y passe…elle donne du goût et elle aurait des propriétés immunostimulantes !
Les avocats aussi abondent. Ils sont succulents ! et au moins ils ne réservent pas les surprises de ceux qu’on a l’habitude de manger en France : tous mûrs à point (on entend le noyau bouger lorsqu’on secoue le fruit), ils fondent dans la bouche comme du beurre. Les femmes s’affairent et préparent avec des sandwichs auxquels elles ajoutent tomates, oignons et mayonnaise pour ceux qui le souhaitent. Ce sont souvent les étudiants ou les zémidjians (taxi-moto) qui les consomment, sur le pouce.
Hier, chose improbable, je me suis retrouvée à l’église ! les voisins m’ont très gentiment invitée, alors je n’avais plus qu’à me laisser embarquée….et je me suis dit que cela pourrait être instructif d’assister à une messe au Togo ! Ils m’ont emmené à l’EMS (Eglise en Mission pour le Salut), je crois que c’est d’inspiration catholique ? il y a beaucoup de cultes : protestantisme, catholicisme, animisme, sans compter toutes les sectes qui paraît-il ont proliféré : témoins de Jéhova, évangélistes, scienthologistes…je vois des panneaux indicateurs à tous les coins de rue.
Au début, j’ai été très gênée, car l’assistant du pasteur, du fait de ma venue, a répété tout son prêche en français….le jour de l’indépendance du pays en plus ! et oui, c’était un 27 avril 1960…je n’ai pas vu grand chose de la cérémonie car il a plu toute a journée, et de toute façon, la plupart des Togolais s’en fichent (jusqu’ à présent, ils n’ont pas beaucoup profité de leur indépendance), si bien que c‘est un évènement essentiellement militaire. Ce jour reste une bonne excuse pour préparer un bon repas. Omer et ses voisins ont préparé un fufu, plat national (et c'est aussi mon plat préféré). Délicieux : igname pilé, et sauce au poulet cuit dans un bouillon de gingembre, ail et tomates…hmm.
Pour en revenir à la messe, je n'ai pas du tout aimé le fond de leurs discours: si on est malade, c’est à cause de Satan, et cela ne sert à rien de se ruiner pour se soigner parce que si le vilain est en nous, on sera non seulement malade mais sans le sou, et Satan se réjouira alors de son œuvre ! Notre seul salut: se tourner vers Dieu et lui témoigner adoration et obéissance !
En fin de matinée, une femme respectable de la congrégation a narré des scènes miraculeuses qui se seraient déroulées récemment un peu partout en Afrique de l’ouest. De récents convertis partis prêcher la parole de Dieu auraient échappé grâce à leur Bible aux tentatives meurtrières de leurs agresseurs... l’assemblée semblait prendre ces paroles pour du pain bénit.
Et d’autre part, il y avait des surveillants ! ils observaient les « fidèles » et réprimandaient le premier qui osait s’endormir.
En revanche, à ces moments pénibles (pour moi), succédaient des moments de très grande joie : les prières et les louanges se faisaient en chantant et en dansant en cercle. Et voir toutes ces femmes et ce hommes animer leurs beaux habits du dimanche, c’était réjouissant ! moi même, j’ai participé, et ils ont bien rigolé de voir la « yovo » prendre part à leurs pas de danse.
Donc une expérience qui était tout de même à faire. En partant, le pasteur m’a demandé mon n° de tel pour me convier à de prochaines messes dominicales, mais j’espère bien m’arrêter là !
Sinon Omer s’est bien investi durant mon absence : grande récolte de graines de Neem, de Moringa (cf message précédent), de Leucaena, et de Jatropha.
Le Neem, Azadirachta indica, est un arbre originaire d’Inde, d’où il a été importé comme arbre des avenues pour son ombrage. Il se contente de peu et résiste bien à la sècheresse si bien qu’on en trouve désormais dans tout le Togo à l’état spontané, pourvu que le sol soit profond. Mais à Danyi, il est assez rare de l’apercevoir, car là-bas, la roche est souvent proche de la surface. Il faut pourtant trouver un endroit adéquat sur le terrain car outre ses capacités à calmer fièvres, ulcères gastriques, et paludisme, il a des vertues insecticides.
Il produit en effet l’azadirachtine, une molécule qui se comporte comme un facteur antinutritif à l’encontre des insectes. « Par son amertume, elle empêche les criquets de dévorer les cultures sur lesquelles on a pulvérisé une macération aqueuse des graines et d’autre part, par une action complexe au niveau des régulations hormonales de l’insecte, elle bloque la croissance larvaire et nymphale, elle décourage les femelles de pondre leurs œufs et empêche la formation de la chitine, etc. (…) » et à Danyi, il y a plein de criquets, surtout en saison pluvieuse. « Comme c’est un insecticide biodégradable, de nombreux produits commerciaux contenant de l’azadirachtine sont maintenant disponibles », mais en France ils ne sont pas encore autorisés à la vente. (cf Plantes médicinales d’Afrique, J-L Pousset).
Il doit y avoir d’autres plantes locales contre les criquets et autres insectes, mais on est pas sûrs encore de pouvoir les trouver et s’en servir.
Le Leucaena est un arbuste aux multiples usages agricoles.
Il peut servir d’engrais: ses feuilles contiennent beaucoup d’azote et peuvent donc être utilisées pour amender le sol. Il peut contrôler l’érosion : planté serré en rang, l’arbuste va former plus tard des barrières qui vont détenir l’eau au-dessus de la surface de la terre et contribuer ainsi à la formation de terrasses. Les racines entreront alors dans le sol et fourniront de l’humidité et des substances nutritives qui enrichissent le sol.
Puis il peut aussi servir de brise-vent, de palissade, de bois de chauffe et de fourrage. (cf site ww.Plant-Trees.org)
Par contre, il fait partie des espèces considérées comme envahissantes par le Togo puisque le Leucaena est originaire d’Amérique du sud et aurait tendance à se développer au détriment d’autres espèces locales. Mais bon, on fait avec ce qu’on a : les dispositifs de l’état togolais n’étant pas très efficaces, ni même prompts à soutenir ses agriculteurs pour la protection des sols …manque d’informations, et surtout de production des essences auxiliaires locales !
Sinon le Jatropha , Jatropha curcas, est un arbuste qui a de l’avenir en Afrique. Outre ses nombreuses propriétés médicinales ( antiseptiques, molluscicides), l’huile de ses graines peut remplacer le fuel dans les moteurs diesel. Donc un Biocarburant, et un vrai ! car il n’est pas exigeant comme le maïs, le colza ou encore d’autres soi-disant biocarburants qui nécessitent à grande échelle beaucoup d’intrants (pesticides, engrais et eau) ! Les capacités de résistance du Jatropha sont telles, qu’on l’utilise pour lutter contre la désertification dans les pays du Sahel. Dans un premier temps, nous nous en serviront pour clôturer le terrain et préserver ainsi nos futures cultures de la dent des ruminants qui paissent dans les parages. Car les bouviers (ceux qui ont en charge la conduite des troupeaux) se préoccupent très peu de l’endroit où leurs bêtes vont satisfaire leurs estomacs, ce qui d’ailleurs est souvent à l’origine de conflits entre éleveurs et agriculteurs. Mais le Jatropha est une Euphorbiacée : il contient un latex qui rend ses feuilles toxiques !
Ce type de barrière serait également efficace comme pare-feux. Il y a eu beaucoup de feux de brousse cette année à Danyi. Ils sont déclenchés et parfois mal contrôlés par les chasseurs qui souhaitent rabattre le gibier, ou par les bouviers qui stimulent ainsi la repousse d’une herbe tendre pour leurs troupeaux, ou encore par des agriculteurs qui s’en servent pour défricher leurs champs. C’est un problème récurrent dans toute l’Afrique qui est d’autant plus ravageur qu’il a lieu en saison sèche au moment de l’Harmattan, vent du Sahel qui vient assécher les terres et à l’occasion attiser les feux…peut-être qu’un muret s’avérerait nécessaire !
Une fois nos Jatropha productifs, on transformera les graines en huile pour moteur et financer ainsi nos déplacements…et puis peut-être en huile pour savons. Voici le récit d’une expérience avant-gardiste au Cap vert : « Plus intéressant encore est la possibilité de fabriquer du savon avec cette huile. C’est ce qu’un industriel a décidé de faire en implantant dans les îles du Cap Vert une usine. En mélangeant 70% d’huile de Jatropha curcas et 30% d’huile de Cocos nucifera, il obtient un savon proche de celui du savon de Marseille. Or les îles du Cap vert importaient jusque là 1000 t de savon /an du Portugal. L’usine très simple comporte une cuve chauffée par l’énergie solaire avec des moteurs diesel transformés pour fonctionner à l’huile de Jatropha. »
(extrait de Plantes médicinales d’Afrique). ASMERADE-TOGO, une association locale, dont j'ai rencontré le représentant Vendredi, a commencé un programme de plantation de l'arbuste que l'on trouve banalement dans tous les villages en guise de clôture. Les coupures d'électricité, voire même l'absence d'électricité dans de nombreux villages du Togo, paralysent le développement du pays. La multiplication de groupes électrogènes fonctionnant à l'huile de Jatropha pourrait être une solution…
Sinon, je n’ai pas eu de soucis pour rejoindre Omer(voir sa présentation, colonne de gauche). Je suis tombée sur de sympathiques taxi-men intrigués par mes graines de Mucuna, et mon livre sur les Plantes médicinales d’Afrique ; et une fois arrivée à Kpalimé, j’ai rencontré à la station un de ces voisins qui m’a prise en charge : il a trouvé un taxi qui m’a emmenée directement devant sa porte avec tous mes bagages. Et maintenant, soulagement, car il est beaucoup plus aisé de travailler l'un en face de l'autre qu'à des km...
Le w-end a été studieux.
Samedi matin: discussion avec Omer sur les prévisions d’achat des graines ou tubercules à Kpalimé. Le soleil, d’habitude voilé ici, où les pluies sont plus nombreuses qu’à Lomé, est aujourd’hui torride. Béni soit le manguier qui nous a apporté son ombrage durant cette mise au point, et qui nous a épargnés de la chute de ses fruits sur nos têtes. Les gens ici se moquent de cette éventualité, mais sachant que c’est la saison, et que j’en ai vu au moins 5 tombées hier…je me méfie. Mais une fois à terre, quel régal ! Je me suis convertie au mangues « indigènes » : elles sont plus petites et fibreuses que celles des manguiers greffés importés en Europe, mais elles sont beaucoup plus parfumées et sucrées. Ici, on les mange comme des pommes : on croque dedans à pleines dents ! la peau y passe…elle donne du goût et elle aurait des propriétés immunostimulantes !
Les avocats aussi abondent. Ils sont succulents ! et au moins ils ne réservent pas les surprises de ceux qu’on a l’habitude de manger en France : tous mûrs à point (on entend le noyau bouger lorsqu’on secoue le fruit), ils fondent dans la bouche comme du beurre. Les femmes s’affairent et préparent avec des sandwichs auxquels elles ajoutent tomates, oignons et mayonnaise pour ceux qui le souhaitent. Ce sont souvent les étudiants ou les zémidjians (taxi-moto) qui les consomment, sur le pouce.
Hier, chose improbable, je me suis retrouvée à l’église ! les voisins m’ont très gentiment invitée, alors je n’avais plus qu’à me laisser embarquée….et je me suis dit que cela pourrait être instructif d’assister à une messe au Togo ! Ils m’ont emmené à l’EMS (Eglise en Mission pour le Salut), je crois que c’est d’inspiration catholique ? il y a beaucoup de cultes : protestantisme, catholicisme, animisme, sans compter toutes les sectes qui paraît-il ont proliféré : témoins de Jéhova, évangélistes, scienthologistes…je vois des panneaux indicateurs à tous les coins de rue.
Au début, j’ai été très gênée, car l’assistant du pasteur, du fait de ma venue, a répété tout son prêche en français….le jour de l’indépendance du pays en plus ! et oui, c’était un 27 avril 1960…je n’ai pas vu grand chose de la cérémonie car il a plu toute a journée, et de toute façon, la plupart des Togolais s’en fichent (jusqu’ à présent, ils n’ont pas beaucoup profité de leur indépendance), si bien que c‘est un évènement essentiellement militaire. Ce jour reste une bonne excuse pour préparer un bon repas. Omer et ses voisins ont préparé un fufu, plat national (et c'est aussi mon plat préféré). Délicieux : igname pilé, et sauce au poulet cuit dans un bouillon de gingembre, ail et tomates…hmm.
Pour en revenir à la messe, je n'ai pas du tout aimé le fond de leurs discours: si on est malade, c’est à cause de Satan, et cela ne sert à rien de se ruiner pour se soigner parce que si le vilain est en nous, on sera non seulement malade mais sans le sou, et Satan se réjouira alors de son œuvre ! Notre seul salut: se tourner vers Dieu et lui témoigner adoration et obéissance !
En fin de matinée, une femme respectable de la congrégation a narré des scènes miraculeuses qui se seraient déroulées récemment un peu partout en Afrique de l’ouest. De récents convertis partis prêcher la parole de Dieu auraient échappé grâce à leur Bible aux tentatives meurtrières de leurs agresseurs... l’assemblée semblait prendre ces paroles pour du pain bénit.
Et d’autre part, il y avait des surveillants ! ils observaient les « fidèles » et réprimandaient le premier qui osait s’endormir.
En revanche, à ces moments pénibles (pour moi), succédaient des moments de très grande joie : les prières et les louanges se faisaient en chantant et en dansant en cercle. Et voir toutes ces femmes et ce hommes animer leurs beaux habits du dimanche, c’était réjouissant ! moi même, j’ai participé, et ils ont bien rigolé de voir la « yovo » prendre part à leurs pas de danse.
Donc une expérience qui était tout de même à faire. En partant, le pasteur m’a demandé mon n° de tel pour me convier à de prochaines messes dominicales, mais j’espère bien m’arrêter là !
Sinon Omer s’est bien investi durant mon absence : grande récolte de graines de Neem, de Moringa (cf message précédent), de Leucaena, et de Jatropha.
Le Neem, Azadirachta indica, est un arbre originaire d’Inde, d’où il a été importé comme arbre des avenues pour son ombrage. Il se contente de peu et résiste bien à la sècheresse si bien qu’on en trouve désormais dans tout le Togo à l’état spontané, pourvu que le sol soit profond. Mais à Danyi, il est assez rare de l’apercevoir, car là-bas, la roche est souvent proche de la surface. Il faut pourtant trouver un endroit adéquat sur le terrain car outre ses capacités à calmer fièvres, ulcères gastriques, et paludisme, il a des vertues insecticides.
Il produit en effet l’azadirachtine, une molécule qui se comporte comme un facteur antinutritif à l’encontre des insectes. « Par son amertume, elle empêche les criquets de dévorer les cultures sur lesquelles on a pulvérisé une macération aqueuse des graines et d’autre part, par une action complexe au niveau des régulations hormonales de l’insecte, elle bloque la croissance larvaire et nymphale, elle décourage les femelles de pondre leurs œufs et empêche la formation de la chitine, etc. (…) » et à Danyi, il y a plein de criquets, surtout en saison pluvieuse. « Comme c’est un insecticide biodégradable, de nombreux produits commerciaux contenant de l’azadirachtine sont maintenant disponibles », mais en France ils ne sont pas encore autorisés à la vente. (cf Plantes médicinales d’Afrique, J-L Pousset).
Il doit y avoir d’autres plantes locales contre les criquets et autres insectes, mais on est pas sûrs encore de pouvoir les trouver et s’en servir.
Le Leucaena est un arbuste aux multiples usages agricoles.
Il peut servir d’engrais: ses feuilles contiennent beaucoup d’azote et peuvent donc être utilisées pour amender le sol. Il peut contrôler l’érosion : planté serré en rang, l’arbuste va former plus tard des barrières qui vont détenir l’eau au-dessus de la surface de la terre et contribuer ainsi à la formation de terrasses. Les racines entreront alors dans le sol et fourniront de l’humidité et des substances nutritives qui enrichissent le sol.
Puis il peut aussi servir de brise-vent, de palissade, de bois de chauffe et de fourrage. (cf site ww.Plant-Trees.org)
Par contre, il fait partie des espèces considérées comme envahissantes par le Togo puisque le Leucaena est originaire d’Amérique du sud et aurait tendance à se développer au détriment d’autres espèces locales. Mais bon, on fait avec ce qu’on a : les dispositifs de l’état togolais n’étant pas très efficaces, ni même prompts à soutenir ses agriculteurs pour la protection des sols …manque d’informations, et surtout de production des essences auxiliaires locales !
Sinon le Jatropha , Jatropha curcas, est un arbuste qui a de l’avenir en Afrique. Outre ses nombreuses propriétés médicinales ( antiseptiques, molluscicides), l’huile de ses graines peut remplacer le fuel dans les moteurs diesel. Donc un Biocarburant, et un vrai ! car il n’est pas exigeant comme le maïs, le colza ou encore d’autres soi-disant biocarburants qui nécessitent à grande échelle beaucoup d’intrants (pesticides, engrais et eau) ! Les capacités de résistance du Jatropha sont telles, qu’on l’utilise pour lutter contre la désertification dans les pays du Sahel. Dans un premier temps, nous nous en serviront pour clôturer le terrain et préserver ainsi nos futures cultures de la dent des ruminants qui paissent dans les parages. Car les bouviers (ceux qui ont en charge la conduite des troupeaux) se préoccupent très peu de l’endroit où leurs bêtes vont satisfaire leurs estomacs, ce qui d’ailleurs est souvent à l’origine de conflits entre éleveurs et agriculteurs. Mais le Jatropha est une Euphorbiacée : il contient un latex qui rend ses feuilles toxiques !
Ce type de barrière serait également efficace comme pare-feux. Il y a eu beaucoup de feux de brousse cette année à Danyi. Ils sont déclenchés et parfois mal contrôlés par les chasseurs qui souhaitent rabattre le gibier, ou par les bouviers qui stimulent ainsi la repousse d’une herbe tendre pour leurs troupeaux, ou encore par des agriculteurs qui s’en servent pour défricher leurs champs. C’est un problème récurrent dans toute l’Afrique qui est d’autant plus ravageur qu’il a lieu en saison sèche au moment de l’Harmattan, vent du Sahel qui vient assécher les terres et à l’occasion attiser les feux…peut-être qu’un muret s’avérerait nécessaire !
Une fois nos Jatropha productifs, on transformera les graines en huile pour moteur et financer ainsi nos déplacements…et puis peut-être en huile pour savons. Voici le récit d’une expérience avant-gardiste au Cap vert : « Plus intéressant encore est la possibilité de fabriquer du savon avec cette huile. C’est ce qu’un industriel a décidé de faire en implantant dans les îles du Cap Vert une usine. En mélangeant 70% d’huile de Jatropha curcas et 30% d’huile de Cocos nucifera, il obtient un savon proche de celui du savon de Marseille. Or les îles du Cap vert importaient jusque là 1000 t de savon /an du Portugal. L’usine très simple comporte une cuve chauffée par l’énergie solaire avec des moteurs diesel transformés pour fonctionner à l’huile de Jatropha. »
(extrait de Plantes médicinales d’Afrique). ASMERADE-TOGO, une association locale, dont j'ai rencontré le représentant Vendredi, a commencé un programme de plantation de l'arbuste que l'on trouve banalement dans tous les villages en guise de clôture. Les coupures d'électricité, voire même l'absence d'électricité dans de nombreux villages du Togo, paralysent le développement du pays. La multiplication de groupes électrogènes fonctionnant à l'huile de Jatropha pourrait être une solution…
4 commentaires:
Bonjour Stef
Intéressantes tes périgrinations
je te suis pas à pas .Allez fonce
Bravo.Deux bouquins qui pourraient t'intéreser.
Petit guide du jardinage bio-dynamique de EHRENFRIED PFEIFFER
Editions Triades PARIS et,
L'agriculture bio-dynamique une culture du vivant.Ouvrage collectif préfacé par Jean-Marie PELT.Si cet ouvrage a été préfacé par cet éminent scientifique que j'ai eu l'occasion de rencontrer lors de mes activités professionnelles c'est qu' il est digne d'intéret .Bises PICASSO
Salut Stef
J'ai découvert ce blog ce matin et je ne me lasse de le lire et de le relire
Je te suis dans cette aventure passionnante et humaine
merci à tous deux pour vos encouragements, et j'ai pris note des références pour la bio-dynamie.
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