28 avril 2008

La vie à Kpalimé

Que de soucis pour poster ce message ! Samedi, il n'y avait pas connexion, et aujourd'hui coupure de courant. Les gérants du cyber ont alors mis en route un groupe électrogène, mais il n'avait pas assez de puissance pour alimenter tous les ordinateurs...donc patience, patience, le temps de faire le plein de carburant…puis au bout d’une heure : plus de connexion ! j’ai dû me rabattre sur un autre cyber beaucoup plus loin. Je crois que mes messages se feront moins longs et moins réguliers.
Sinon, je n’ai pas eu de soucis pour rejoindre Omer(voir sa présentation, colonne de gauche). Je suis tombée sur de sympathiques taxi-men intrigués par mes graines de Mucuna, et mon livre sur les Plantes médicinales d’Afrique ; et une fois arrivée à Kpalimé, j’ai rencontré à la station un de ces voisins qui m’a prise en charge : il a trouvé un taxi qui m’a emmenée directement devant sa porte avec tous mes bagages. Et maintenant, soulagement, car il est beaucoup plus aisé de travailler l'un en face de l'autre qu'à des km...
Le w-end a été studieux.
Samedi matin: discussion avec Omer sur les prévisions d’achat des graines ou tubercules à Kpalimé. Le soleil, d’habitude voilé ici, où les pluies sont plus nombreuses qu’à Lomé, est aujourd’hui torride. Béni soit le manguier qui nous a apporté son ombrage durant cette mise au point, et qui nous a épargnés de la chute de ses fruits sur nos têtes. Les gens ici se moquent de cette éventualité, mais sachant que c’est la saison, et que j’en ai vu au moins 5 tombées hier…je me méfie. Mais une fois à terre, quel régal ! Je me suis convertie au mangues « indigènes » : elles sont plus petites et fibreuses que celles des manguiers greffés importés en Europe, mais elles sont beaucoup plus parfumées et sucrées. Ici, on les mange comme des pommes : on croque dedans à pleines dents ! la peau y passe…elle donne du goût et elle aurait des propriétés immunostimulantes !
Les avocats aussi abondent. Ils sont succulents ! et au moins ils ne réservent pas les surprises de ceux qu’on a l’habitude de manger en France : tous mûrs à point (on entend le noyau bouger lorsqu’on secoue le fruit), ils fondent dans la bouche comme du beurre. Les femmes s’affairent et préparent avec des sandwichs auxquels elles ajoutent tomates, oignons et mayonnaise pour ceux qui le souhaitent. Ce sont souvent les étudiants ou les zémidjians (taxi-moto) qui les consomment, sur le pouce.
Hier, chose improbable, je me suis retrouvée à l’église ! les voisins m’ont très gentiment invitée, alors je n’avais plus qu’à me laisser embarquée….et je me suis dit que cela pourrait être instructif d’assister à une messe au Togo ! Ils m’ont emmené à l’EMS (Eglise en Mission pour le Salut), je crois que c’est d’inspiration catholique ? il y a beaucoup de cultes : protestantisme, catholicisme, animisme, sans compter toutes les sectes qui paraît-il ont proliféré : témoins de Jéhova, évangélistes, scienthologistes…je vois des panneaux indicateurs à tous les coins de rue.
Au début, j’ai été très gênée, car l’assistant du pasteur, du fait de ma venue, a répété tout son prêche en français….le jour de l’indépendance du pays en plus ! et oui, c’était un 27 avril 1960…je n’ai pas vu grand chose de la cérémonie car il a plu toute a journée, et de toute façon, la plupart des Togolais s’en fichent (jusqu’ à présent, ils n’ont pas beaucoup profité de leur indépendance), si bien que c‘est un évènement essentiellement militaire. Ce jour reste une bonne excuse pour préparer un bon repas. Omer et ses voisins ont préparé un fufu, plat national (et c'est aussi mon plat préféré). Délicieux : igname pilé, et sauce au poulet cuit dans un bouillon de gingembre, ail et tomates…hmm.
Pour en revenir à la messe, je n'ai pas du tout aimé le fond de leurs discours: si on est malade, c’est à cause de Satan, et cela ne sert à rien de se ruiner pour se soigner parce que si le vilain est en nous, on sera non seulement malade mais sans le sou, et Satan se réjouira alors de son œuvre ! Notre seul salut: se tourner vers Dieu et lui témoigner adoration et obéissance !
En fin de matinée, une femme respectable de la congrégation a narré des scènes miraculeuses qui se seraient déroulées récemment un peu partout en Afrique de l’ouest. De récents convertis partis prêcher la parole de Dieu auraient échappé grâce à leur Bible aux tentatives meurtrières de leurs agresseurs... l’assemblée semblait prendre ces paroles pour du pain bénit.
Et d’autre part, il y avait des surveillants ! ils observaient les « fidèles » et réprimandaient le premier qui osait s’endormir.
En revanche, à ces moments pénibles (pour moi), succédaient des moments de très grande joie : les prières et les louanges se faisaient en chantant et en dansant en cercle. Et voir toutes ces femmes et ce hommes animer leurs beaux habits du dimanche, c’était réjouissant ! moi même, j’ai participé, et ils ont bien rigolé de voir la « yovo » prendre part à leurs pas de danse.
Donc une expérience qui était tout de même à faire. En partant, le pasteur m’a demandé mon n° de tel pour me convier à de prochaines messes dominicales, mais j’espère bien m’arrêter là !
Sinon Omer s’est bien investi durant mon absence : grande récolte de graines de Neem, de Moringa (cf message précédent), de Leucaena, et de Jatropha.
Le Neem, Azadirachta indica, est un arbre originaire d’Inde, d’où il a été importé comme arbre des avenues pour son ombrage. Il se contente de peu et résiste bien à la sècheresse si bien qu’on en trouve désormais dans tout le Togo à l’état spontané, pourvu que le sol soit profond. Mais à Danyi, il est assez rare de l’apercevoir, car là-bas, la roche est souvent proche de la surface. Il faut pourtant trouver un endroit adéquat sur le terrain car outre ses capacités à calmer fièvres, ulcères gastriques, et paludisme, il a des vertues insecticides.
Il produit en effet l’azadirachtine, une molécule qui se comporte comme un facteur antinutritif à l’encontre des insectes. « Par son amertume, elle empêche les criquets de dévorer les cultures sur lesquelles on a pulvérisé une macération aqueuse des graines et d’autre part, par une action complexe au niveau des régulations hormonales de l’insecte, elle bloque la croissance larvaire et nymphale, elle décourage les femelles de pondre leurs œufs et empêche la formation de la chitine, etc. (…) » et à Danyi, il y a plein de criquets, surtout en saison pluvieuse. « Comme c’est un insecticide biodégradable, de nombreux produits commerciaux contenant de l’azadirachtine sont maintenant disponibles », mais en France ils ne sont pas encore autorisés à la vente. (cf Plantes médicinales d’Afrique, J-L Pousset).
Il doit y avoir d’autres plantes locales contre les criquets et autres insectes, mais on est pas sûrs encore de pouvoir les trouver et s’en servir.
Le Leucaena est un arbuste aux multiples usages agricoles.
Il peut servir d’engrais: ses feuilles contiennent beaucoup d’azote et peuvent donc être utilisées pour amender le sol. Il peut contrôler l’érosion : planté serré en rang, l’arbuste va former plus tard des barrières qui vont détenir l’eau au-dessus de la surface de la terre et contribuer ainsi à la formation de terrasses. Les racines entreront alors dans le sol et fourniront de l’humidité et des substances nutritives qui enrichissent le sol.
Puis il peut aussi servir de brise-vent, de palissade, de bois de chauffe et de fourrage. (cf site ww.Plant-Trees.org)
Par contre, il fait partie des espèces considérées comme envahissantes par le Togo puisque le Leucaena est originaire d’Amérique du sud et aurait tendance à se développer au détriment d’autres espèces locales. Mais bon, on fait avec ce qu’on a : les dispositifs de l’état togolais n’étant pas très efficaces, ni même prompts à soutenir ses agriculteurs pour la protection des sols …manque d’informations, et surtout de production des essences auxiliaires locales !
Sinon le Jatropha , Jatropha curcas, est un arbuste qui a de l’avenir en Afrique. Outre ses nombreuses propriétés médicinales ( antiseptiques, molluscicides), l’huile de ses graines peut remplacer le fuel dans les moteurs diesel. Donc un Biocarburant, et un vrai ! car il n’est pas exigeant comme le maïs, le colza ou encore d’autres soi-disant biocarburants qui nécessitent à grande échelle beaucoup d’intrants (pesticides, engrais et eau) ! Les capacités de résistance du Jatropha sont telles, qu’on l’utilise pour lutter contre la désertification dans les pays du Sahel. Dans un premier temps, nous nous en serviront pour clôturer le terrain et préserver ainsi nos futures cultures de la dent des ruminants qui paissent dans les parages. Car les bouviers (ceux qui ont en charge la conduite des troupeaux) se préoccupent très peu de l’endroit où leurs bêtes vont satisfaire leurs estomacs, ce qui d’ailleurs est souvent à l’origine de conflits entre éleveurs et agriculteurs. Mais le Jatropha est une Euphorbiacée : il contient un latex qui rend ses feuilles toxiques !
Ce type de barrière serait également efficace comme pare-feux. Il y a eu beaucoup de feux de brousse cette année à Danyi. Ils sont déclenchés et parfois mal contrôlés par les chasseurs qui souhaitent rabattre le gibier, ou par les bouviers qui stimulent ainsi la repousse d’une herbe tendre pour leurs troupeaux, ou encore par des agriculteurs qui s’en servent pour défricher leurs champs. C’est un problème récurrent dans toute l’Afrique qui est d’autant plus ravageur qu’il a lieu en saison sèche au moment de l’Harmattan, vent du Sahel qui vient assécher les terres et à l’occasion attiser les feux…peut-être qu’un muret s’avérerait nécessaire !
Une fois nos Jatropha productifs, on transformera les graines en huile pour moteur et financer ainsi nos déplacements…et puis peut-être en huile pour savons. Voici le récit d’une expérience avant-gardiste au Cap vert : « Plus intéressant encore est la possibilité de fabriquer du savon avec cette huile. C’est ce qu’un industriel a décidé de faire en implantant dans les îles du Cap Vert une usine. En mélangeant 70% d’huile de Jatropha curcas et 30% d’huile de Cocos nucifera, il obtient un savon proche de celui du savon de Marseille. Or les îles du Cap vert importaient jusque là 1000 t de savon /an du Portugal. L’usine très simple comporte une cuve chauffée par l’énergie solaire avec des moteurs diesel transformés pour fonctionner à l’huile de Jatropha. »
(extrait de Plantes médicinales d’Afrique). ASMERADE-TOGO, une association locale, dont j'ai rencontré le représentant Vendredi, a commencé un programme de plantation de l'arbuste que l'on trouve banalement dans tous les villages en guise de clôture. Les coupures d'électricité, voire même l'absence d'électricité dans de nombreux villages du Togo, paralysent le développement du pays. La multiplication de groupes électrogènes fonctionnant à l'huile de Jatropha pourrait être une solution…

24 avril 2008

Départ pour Kpalimé

Aujourd'hui c'est le grand départ pour Kpalimé où je vais retrouver Omer, l'ami Togolais qui va cultiver le champ avec moi.
J'ai enfin obtenu les graines que je recherchais ou du moins des graines, car je n'ai qu'un cinquième de ce que je souhaitais trouver, mais c'est mieux que rien !
Je pars donc sur Kpalimé avec plein de livres et des outils tels que fourche, bêche, râteau. Ici, la plupart des agriculteurs n'utilisent pas tous ces dérivés. Ils se contentent de la houe qu'ils manient avec une remarquable dextérité, ce qui leur permet de faire un peu tout avec: défrichage, désouchage et travail de la terre. Ils s'en servent aussi pour faire les buttes dans lesquelles on plante les tubercules d'Ignames, qui se reproduiront dedans (un peu comme ce que l'ont fait avec les pommes de terre). Mais moi je ne suis pas sûre de mon aptitude à manier l'outil, alors en ce qui concerne le travail de la terre, je préfère rester sur mes bases européennes.
J'emporte également avec moi 20 kg de graines de Mucuna pruriens, légumineuse qui va fertiliser le sol, et protéger les jeunes arbres que l'on va planter, de la concurrence (en eau et en nutriments) des graminées. Traditionnellement, ses graines sont utilisées en Côtes d'Ivoire par les Attiés contre les morsures de serpents. On mâche les graines et on avale l'extrait, puis on incise la plaie en y mettant le résidu des graines mâchées. Des expériences scientifiques sur des souris ont confirmé l'usage. C'est une plante qui serait également intéressante pour lutter contre la maladie de Parkinson. (d'après Plantes médicinales d'Afrique , J-L Pousset).

L'ITRA (cf message précedent) m'a également fourni des graines et des boutures de Moringa oléiféra, arbuste fertilitaire que je souhaite utiliser (entre autre) pour dresser des cordons de plantation anti-érosion transversaux aux pentes de mon terrain. Ils retiendront également l'eau. Les pluies sont souvent torrentielles, et le soleil très fort. Les sols de Danyi sont très rarement dégradés mais dans un contexte où les éléments sont excessifs, il vaut mieux prévenir que guérir !
Le Moringa (yovoviti en éwé, Ben-ailé en français) est également très intéressant. Ces feuilles, riches en vitamines et en protéines peuvent servir de complément alimentaire. Avec ses graines, ont obtient une huile aux propriétés similaires à celles de l'huile d'olive. Elles contiennent également un coagulant supérieur aux sels d'aluminium utilisés pour purifier l'eau et pourraient donc être utilisées dans les pays en voie de développement étant donné le prix exorbitant du traitement des eaux. (d'après Plantes médicinales d'Afrique , J-L Pousset, voir aussi le site www.activ-moringa.org)

Je pourrai partir avec plus de variétés, mais les personnes compétentes sont en déplacement et j'ai déjà assez traîné mes pieds à Lomé. J'ai profité du temps nécessaire ici pour acheter également un grillage fin. Je le tendrai sur le terrain entre deux arbres pour essayer de récupérer l'eau de la brume matinale de Danyi. Si l'expérience est infructueuse, j'essaierai avec un tissu de moustiquaire (encore plus fin), et on verra…

Sinon, les pluies ici restent rares …et pourtant quel soulagement après une pluie ! s'il pouvait pleuvoir tous les jours finalement ! La température chute, le soleil est voilé, il fait bon…comme un petit air de fin de printemps en France !
Mais il faut se méfier… lorsque je suis sortie après la dernière pluie, c'était comme si les habitants avaient fuit la ville: presque plus de circulation (difficile de trouver un taxi), presque plus de piétons à l'horizon, les marchandes avaient déserté leur place. Moi qui était si à l'aise de cette nouvelle atmosphère, pourquoi les habitants n'en profitaient-ils pas ? Petit à petit, en observant les rues sur mon parcours, j'ai compris qu'ils n'étaient pas complètement fous ces Togolais ! En début de saison des pluies, les dépressions s'accompagnent de fortes rafales de vent. Or beaucoup d'éléments qui animent les rues de la ville (buvettes, échopes, téléphones, poteaux électriques..) sont faits de bric et de broc… alors quand le vent est là, il vaut mieux faire attention à sa tête, et éviter aussi les arbres joliment parés de mangues, d'avocats et de noix de coco. Et en plus, comme il n'y a pas de poubelle, les détritus qui jonchent le sol virevoltent dans les airs que l'on respire allègrement…donc merci la nouvelle atmosphère !

Bref, sinon visite chez les amis, toujours aussi accueillants et optimistes et une nouvelle rencontre intéressante avec un Franco-Togolais (Michel) qui va participer en juin au Salon International de l'Humanitaire, en France, au Parc Floral de Vincennes. Il souhaite promouvoir quelques associations du Togo, dont peut-être celle de mes amis (AJVAD-TOGO). Je me suis fait à l'occasion formatrice sur les logiciels In-design et Photoshop pour les aider à mettre en page prospectus, et cartes de visite en vue du salon.
Michel a d'abord travaillé quelques années au Togo, puis lassé de la lenteur des rouages du pays, il est parti étudié en Chine, puis a travaillé en France, en côte d'Ivoire, et au Bénin ! de sacrées expériences qui firent de cette rencontre un moment très enrichissant: discussion sur les nouvelles relations qui unissent le Togo à la Chine (qu'il ne voit pas non plus d'un oeil positif), le problème de la trop grande pénétration des produits chinois en Afrique, les Français et les noirs, les Chinois des années 80 et les noirs, les Béninois, les Ivoiriens et bien sur, les Togolais !

Voilà,

Il est temps de partir !

10 avril 2008

Arrivée à Lomé

Mon arrivée au Togo s'est bien déroulée. L'avion a eu seulement une heure de retard. J'ai par contre été inquiétée par un certain douanier togolais qui voulait fouiller un de mes sacs, car je crois qu'on a pas le droit de ramener toutes les graines que j'ai apporté ici, à moins de payer une taxe. Un autre m'a demandé ce qu'il y avait dedans (-"des livres, des vêtements…"), et ça lui a suffit, il a été sympa. Peut-être a-t-il été également découragé par toutes les épaisseurs de plastiques qui l'enveloppaient: j'avais fait emballé mes valises à Roissy, car elles étaient tellement bondées que j'avais peur qu'elles éclatent pendant le trajet !

Je suis ici depuis deux jours et les mots en ewe me reviennent petit à petit, avec l'aide des togolais… mais tout de même, quelques révisions s'imposent. J'ai emporté avec moi un livre que j'aurais dû ajouter à celle déjà présentée au message précédent (mais il y a tellement d'informations et de photos que j'aurais dû envoyer sur ce blog avant de partir… j'espère pouvoir le compléter avant mon départ de Lomé). Il s'agit du dictionnaire français-éwé de Jacques Rongier (ed.Karthala) . Après cette lecture, j'ai l'espoir de devenir une autochtone !

A l'heure où j'écris, vient de se produire la deuxième pluie…. de la saison des pluies. Pour le moment, rien d'impressionnant. Elles ne durent que 10 à 15 min. Mais là où je vais cultiver mon champ, elles peuvent durer parfois des jours…et ce ne sont pas des crachins bretons, mais des trombes d'eau. Demain, en prévision, j'achète un K-Way XXL !

Je pense rester une bonne semaine sur Lomé : le temps de voir les amis, et de trouver ce dont j'ai besoin pour le terrain. Il me faut des graines de légumineuses (famille de plantes qui fertilisent la terre), dont voici la liste pour ceux qui souhaitent, un jour peut-être, tenter l'aventure de la culture en milieu tropical :

- Centrosema pubescens - Pueraria phaseoloide - Calopogonium muconoïdes - Calopogonium caeruleum - Canavalia ensiformis - Crotalaria juncea - Desmodium ovalofolium - Mucuna pruriens - Psophocarpus palustris - Psophocarpus tetragonolobus - Stylosanthes - Vigna - Canavalia - Flemingia - Tephrosia - Desmodium - Macroptlilium


Ce n'est pas évident de trouver les semences de ces espèces, car la culture de légumineuses n'est pas encore dans les habitudes des agriculteurs du pays. Ils pratiquent la jachère, c'est-à-dire qu'ils laissent leur terrain au repos pendant x années : au début du siècle ce repos pouvait durer une dizaine d'années, voire plus. Maintenant, avec l'augmentation de la population, les périodes de jachères durent en moyenne 3-4 ans, car les agriculteurs n'ont plus autant de terres qu'autrefois. Ils pratiquent également des rotations et des associations de cultures pour ne pas appauvrir rapidement leurs sols (qui se produirait avec une succession de monocultures exigeantes pratiquées sur une même parcelle). Je connais plusieurs personnes qui peuvent m'aider à en trouver. Pour le moment, j'en ai contacté deux : un chercheur de l'université de Lomé, et le responsable du CTOP (Coordination Togolaise des Organisations Paysannes). D'après eux, je pourrai en trouver auprès de l'ITRA de Lomé (Institut Togolais de Recherche Agronomique), et auprès de l'IRCC (je ne sais pas encore ce que c'est ) à Kpalimé, ville située sur la route en allant vers mon terrain. Sinon, je peux en trouver avec certitude au Bénin… à voir.

Il faut que je trouve également avant de partir des outils pour travailler la terre. Il sont paraît-il moins chers à Lomé.

J'aimerai bien aussi visiter une ferme à Tsévié (ville à une 50aine de km au nord de Lomé) , mais les pluies étant déjà là, il vaut mieux que je fasse en sorte d'être le plus tôt possible sur mon terrain... s'il n'est déjà trop tard...

2 avril 2008

Cette année sera togolaise: allons cultiver un champs de 2 ha sur le plateau de Danyii

Mes compagnons d'aventure avant le départ:

DES GRAINES:


__Variétés courantes au Togo :

- Aubergine Black Beauty Solanum melongena
- Aubergine N’drowa (aubergine amère africaine)
- Basilic vert commun
Ocimum basilicum
- Carotte de Colmar
Daucus carota
- Chou cabus ‘marché de Copenhague’ Brassica oleracea L. var. capitata
- Chou chinois Pet’saï
Brassica chinensis
- Courge musquée de provence Cucurbita moschata
- Gombo ‘Clemson spineless’ Hibiscus esculentus
- Haricot mangetout ‘Rugally’ Phaseolus vulgaris
- Laitue ‘blonde de Paris’ Lastuca sativa
- Tomate ‘Trèfle du Togo’ Lycopersicon esculentum (tomate cerise rose originaire des plateaux du Togo)
- Tomate ‘merveille des marché’
Lycopersicon esculentum
- Oignon Noflaye
Allium cepa L.
- Oignon Taxas Grano
Allium cepa L.
- Pastèque ‘Sugar Baby’ Citrullus lanatus
- Piment antillais
Capsicum chinense
- Piment de Cayenne Capsicum annum

__Variétés autres, à essayer et à faire découvrir :

- Aubergine Listada da Gandia Solanum melongena (couleur crème, résistante à la chaleur et à la sécheresse)
- Basilic ‘de Nouvelle Guinée’
Ocimum basilicum
- Ciboule blanche Allium fistulosum
- Concombre citron
Cucumis sativus
- Concombre africain Kiwano Cucumis metulliferus (se consomme comme un melon ou un jus pressé)
- Courge ‘Cushaw Green Stripe’ Cucurbita argyrosperma (variété amerindienne)
- Courge du Siam Cucurbita ficifolia (en nourriture pour l’élevage)
- Courge ‘Delicata’ Cucurbita pepo (crue, sa saveur rappelle la pomme de reinette, cuite sa saveur rappelle celle de la châtaigne, USA)
- Courge ‘Spaghetti vegetal’ Cucurbita pepo (après cuisson, la chair se défait en filaments rappelant les spaghettis, originaire de mandchourie)
- Oignon red créole Allium cepa L.
- Oignon de rebouillon Allium cepa L.
- Panais ‘White Gem’ Pastinaca sativa (variété très vigoureuse)
- Physalis ‘coqueret du Pérou’ Physalis peruviana (fruits de la famille des Solanacées ; plante vivace dans les régions tropicales ou subtropicales)
- Piment d’Espelette
Capsicum annum L. var 'Gorria'
- Potiron doux vert d’Okaïdo Cucurbita maxima

- Tomate ‘Lime green’ Lycopersicon esculentum (tomate verte très sucrée)
- Tomate ‘Calabash pourpre’ Lycopersicon esculentum (tomate de couleur noire comme la Crimée, originaire d’Afrique)


DES LIVRES pour s'élever,

les principaux :

- L'agroécologie tropicale, R.Morez, classeur n°9, Perrault editions.
- Agriculture tropicale et exploitations familiales d'Afrique, H.Dupriez, ed.Terre et vie
- Ressources végétales de l'Afrique tropicale 2: Légumes, édité par G.Grubben et la fondation PROTA
http://www.prota.org/fr/prota/
- Mémento de l'agronome, CIRAD-GRET, Ministère des affaires étrangères, 2002.

- Dictionnaire français-éwé de Jacques Rongier (ed.Karthala)









Le terrain: friche sèche sur les hauteurs, et végétation arborée à la fraîcheur de la rivière Danyii, en contrebas.